Évangile « S’étant repenti, il y alla » (Mt 21, 28-32)
En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’ Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »
Homélie du dimanche 27 septembre 2026
26e dimanche du temps ordinaire
Journée mondiale du migrant et du réfugié
Ph 2, 1-11
Mt 21, 22-32
Dieu nous envoie travailler à sa vigne. Ne soyons pas comme le premier fils qui dit « non » et finit par y aller, encore moins comme le deuxième fils qui dit « oui » et n’y va pas, l’idéal c’est de dire « oui » et d’y aller motivé et volontaire. Mais la vigne c’est qui, et travailler la vigne, c’est quoi ?
La vigne du Seigneur, c’est tous ceux qu’on rencontre chaque jour, en famille, au travail, dans notre quartier, dans nos activités, nos équipes, nos clubs, nos associations, nos communautés humaines, nos communautés chrétiennes. Travailler la vigne, c’est aider tous ceux qu’on rencontre à produire de beaux fruits, autrement dit à réussir leur vie. D’une manière plus concrète, travailler à la vigne, c’est mettre en pratique ce que Saint Paul nous a dit dans la deuxième lecture : réconforter les autres, les encourager, avoir pour eux de la tendresse et de la compassion, les estimer supérieurs à nous, pensez à leurs intérêts plus qu’aux nôtres, nous mettre à leur service comme le Christ s’est mis au service de l’humanité.
- Travailler à la vigne du Seigneur, c’est réconforter et encourager les autres, les réconforter, c’est-à-dire leur donner le moral, leur dire tout le bien qu’ils font, en quoi ils sont utiles, en quoi on a besoin d’eux, leur dire qu’on compte sur eux, qu’on a confiance en eux. Les encourager c’est les motiver, les inciter à ne pas baisser les bras, à ne pas abandonner leurs projets, à croire qu’ils vont y arriver, qu’ils vont réussir. C’est ce qu’est venu faire en France ces jours le pape Léon XIV. L’Église de France ces dernières années étaient mal vue à Rome, c’était pour Rome la mauvaise élève de la classe avec la déchristianisation galopante, le matérialisme, la diminution des pratiquants, la diminution des baptêmes, mariages, etc… Et voilà que le pape Léon a vu avec étonnement ce qui se passe en France avec le nombre grandissant des catéchumènes, de jeunes et d’adultes qui demandent le baptême, 22000 cette année. Il est venu nous réconforter, nous inviter à voir ce renouveau spirituel plus que la déchristianisation toujours à l’œuvre et il est venu nous encourager, nous stimuler pour qu’on prenne les moyens, les initiatives qui permettront à ce renouveau spirituel d’être durable et effectif à l’avenir. Donc nous-mêmes réconfortons et encourageons les autres dans tout ce qu’ils vivent humainement et spirituellement.
- Travailler à la vigne du Seigneur, c’est avoir pour les autres de la tendresse et de la compassion, de la tendresse, c’est-à-dire de l’affection, un grand désir de vivre une amitié profonde et chaleureuse avec eux, et de la compassion, c’est-à-dire de la sensibilité à leurs problèmes, à leurs difficultés, à leurs souffrances, un grand désir de les aider, de les soutenir au lieu d’être indifférents.
- Travailler à la vigne du Seigneur, c’est estimer les autres supérieurs à nous, c’est-à-dire voir leurs richesses, leurs talents, leurs qualités, leurs valeurs, leur foi, leurs convictions, tout ce qu’il y a de bien, de beau, de bon en eux et leur demander humblement de nous enrichir de tout cela, de nous faire profiter de tout ce qu’ils ont de mieux que nous, de nous faire goûter et apprécier tous les fruits qu’ils produisent. C’est savoir les féliciter et les remercier pour tout ce qu’ils nous apportent à nous et aux autres autour d’eux.
- Travailler à la vigne du Seigneur, c’est penser aux intérêts des autres plutôt qu’aux nôtres. Spontanément, nous sommes « préoccupés », c’est le mot de Paul, par nos intérêts, nous cherchons à avoir toujours plus de biens, de confort, de plaisir, de réputation, de reconnaissance, c’est naturel, notre nature humaine est à la base égoïste, égocentrique. Eh bien, travailler à la vigne du Seigneur, c’est le contraire, c’est nous décentrer de notre moi, de notre « ego », de nos intérêts personnels, pour nous centrer sur les autres, sur leurs besoins, sur leurs propres intérêts, c’est faire passer les autres avant nous-même, c’est pratiquer la règle d’or de l’Évangile : faire pour les autres ce qu’on aimerait qu’ils fassent pour nous, leur donner ce qu’on aimerait qu’ils nous donnent. On arrive alors au sommet de l’Évangile : mourir à nous-mêmes pour faire vivre les autres. C’est beaucoup plus que la tendresse et la compassion, c’est le don de soi, c’est l’amour qui se met au service des autres pour leur donner tout ce qu’on peut leur donner, jusqu’à notre propre vie à l’exemple de Jésus. Saint Paul nous a décrit tout à l’heure comment Jésus avait travaillé à la vigne du Seigneur pour sauver l’humanité : « Ayant la condition de Dieu, il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la Croix ! » Travailler à la vigne du Seigneur, c’est donc comme Jésus mourir à nous-mêmes pour tout donner aux autres, jusqu’à notre propre vie.
Amen !
Prière pour la journée des migrants et des réfugiés

