Évangile « Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22, 1-14)
En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux pharisiens, et il leur dit en paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : ‘Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.’ Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : ‘Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.’ Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : ‘Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?’ L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : ‘Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.’ Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. » – Acclamons la Parole de Dieu.
Homélie du dimanche 11 Octobre 2026
28e dimanche du temps ordinaire
Ph 4, 12-14, 19-20
Mt 22, 1-14
« Ne soyons pas rigides, psychorigides comme on dit aujourd’hui, mais souples et capables de nous adapter à toutes les situations » : c’est le message de Saint Paul nous adresse aujourd’hui dans la deuxième lecture : « Frères, je sais vivre de peu, je sais aussi être dans l’abondance. Jai été formé à tout et pour tout : à être rassasié et à souffrir la faim, à être dans l’abondance et dans la privation. Je peux tout en celui qui donne la force ! » Dans un autre passage, Saint Paul nous affirme que pour annoncer l’Évangile « il se fait tout à tous pour en gagner le plus grand nombre ! » À nous de faire pareil, de nous adapter à toutes les situations et à tous ceux que nous rencontrons.
C’est ce que fait le roi qui célèbre la noce de son fils. Il a préparé un super banquet et envoie ses serviteurs chercher les invités, qui refusent les uns après les autres, de venir. Alors en colère au lieu de tout annuler, il s’adapte à la situation et envoie ses serviteurs chercher tous ceux qu’ils trouveraient aux croisées des chemins : « Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez invitez les à la noce ! » Et ça marche : « la salle de noces fut remplie de convives ! »
Par contre attention, les invités ne doivent pas venir n’importe comment mais avec le vêtement de noce. Ils doivent s’adapter à la fête, jouer le jeu, accepter les règles du jeu, ce que ne fait pas un des convives qui vient comme il est, sans porter le vêtement de noce. Il ne s’adapte pas à la fête, il en fait à sa tête, le roi le jette donc dehors…
Comme le roi de la parabole, et surtout comme Saint Paul, cherchons à nous adapter à toutes les situations et à toutes les personnes avec qui nous vivons.
- Cherchons d’abord à nous adapter à notre famille. Se marier, c’est s’engager à s’adapter au conjoint tel qu’il est et tel qu’il va évoluer en bien et en moins bien et c’est s’engager à faire face à toutes les situations, à goûter tous les moments de bonheur comme à traverser toutes ls épreuves les plus inattendues et les plus difficiles. Construire une famille, élever les enfants, ça suppose une grande souplesse, parce que les enfants ne sont jamais comme on voudrait qu’ils soient, ils ont leur caractère, leurs qualités, leurs défauts, ils ont leur propre liberté, ils ont des copains, des influences qui nous échappent, ils font en grandissant des choix de vie qui nous plaisent ou nous déplaisent, les aimer c’est constamment s’adapter à eux pour garder avec eux une relation constructive.
- Cherchons à nous adapter à notre milieu professionnel, au travail que nous devons faire selon des règles, des normes et un rythme qu’on exige de nous, aux collègues et aux chefs que nous avons avec qui c’est facile ou au contraire très difficile de s’entendre. Cherchons à nous adapter à l’ambiance de travail dans laquelle nous sommes, en y mettant du nôtre pour que l’ambiance soit chaleureuse et fraternelle.
- Cherchons à nous adapter à tous les groupes d’activités auxquels nous participons. Toutes les activités que nous faisons ont des règles qu’on doit respecter, que ces activités soient sportives, musicales, artistiques ou autres. Il faut s’adapter aux règles mais aussi bien sûr à ceux qui dirigent ces activités, les entraîneurs, les coaches, les professeurs… et à ceux qui les pratiquent avec nous.
- Cherchons, nous chrétiens, à nous adapter à l’Église telle qu’elle est et telle qu’elle évolue pour bien vivre notre foi et notamment entrons dans cette dynamique, encourageons cette dynamique que le pape Léon XIV est venu impulser dans l’Église de France. Cherchons à construire cette Église joyeuse qui peut mobiliser encore les foules, et même les jeunes, qui ne regrette pas sa puissance passée mais qui regarde plutôt les signes actuels d’un renouveau spirituel ; cherchons à construire une Église ouverte au monde, à toutes les différences, désireuse d’étancher la soif spirituelle de notre temps qui étouffe dans le matérialisme et la sècheresse spirituelle comme le dit Léon XIV dans son homélie place de la Concorde. Oui cherchons nous chrétiens à nous adapter à cette Église en plein renouveau qui a encore plein de choses à dire à notre monde tel qu’il est auquel on doit s’adapter sans renier le message de l’Évangile, en osant le dire sans complexe, délicatement et fermement comme l’a fait Léon XIV.
- Cherchons, enfin, nous chrétiens, à nous adapter à nos paroisses telles qu’elles évoluent et notamment à tous les regroupements nécessaires des anciennes paroisses pour faire face à la situation pastorale telle qu’elle est. Nous étions habitués autrefois à vivre notre foi dans notre paroisse locale correspondant à notre commune, à notre lieu de vie. Il y a eu en Savoie en 2002 la création de nouvelles paroisses où on devait aller les uns chez les autres en tenant compte d’un planning qui bousculait nos habitudes et voilà que maintenant les nouvelles paroisses se regroupent au niveau du doyenné, certains se sentent un peu perdus dans cette nouvelle organisation. Et puis on n’a plus affaire à un seul prêtre, notre curé, mais à une équipe de prêtres d’âge et de style différent. Ça peut être un avantage mais c’est aussi une perpétuelle adaptation et réadaptation. Acceptons d’être bousculés et de prendre le vêtement de noce, d’entrer dans ces nouvelles règles du jeu avec souplesse et même avec joie !
Oui la vie, le monde, la foi, l’Église, tout change en permanence et de plus en plus vite, que ça nous plaise ou non. Ne restons pas au bord du chemin mais adaptons-nous à tous ces changements pour vivre pleinement aujourd’hui et demain notre vie humaine et chrétienne.
Amen !
