Évangile « Voici ton fils. Voici ta mère » (Jn 19, 25-34)
En ce temps-là, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé, pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. » Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
HOMÉLIE
Après cette grande et belle solennité de la Pentecôte, la liturgie de l’Église nous offre de vivre la solennité de la bienheureuse Vierge Marie, mère de l’Église, une nouveauté depuis 2018 et le Pape François. Ce jour est férié en France, un reste de l’octave (tradition de l’église pour étaler sur huit jours une grande fête liturgique) de la Pentecôte.
L’origine de cette fête ? Lors du Concile Vatican II, l’Église a réfléchi sur son propre mystère et sa mission. Une constitution sur l’Église ( Lumen Gentium ) a été élaborée et promulguée par Pape Paul VI le 21 novembre 1964 qui, à l’issue du Concile déclara solennellement la Très Sainte Vierge Marie “Mère de l’Église”, et donc de tout le peuple chrétien. C’est encore lui qui avait ajouté personnellement à cette Constitution son huitième chapitre intitulé « La Vierge Marie dans le mystère du Christ et de l’Église”, pour préciser qu’elle assiste l’Église tout au long de son pèlerinage dans l’histoire des hommes, elle qui est intervenue de manière significative à plusieurs occasions dans l’histoire pour la sauver de dangers imminents.
Comme on le voit dans l’évangile, Marie reçoit à la Croix une deuxième mission maternelle. Jusque-là elle était “simplement” Mère de Jésus, c’est-à-dire Mère de Dieu puisque Jésus est Dieu. Au pied de la Croix, elle reçoit la mission d’être Mère pour les disciples (représentés par saint Jean, le disciple que Jésus aimait) et finalement pour tous les croyants, puisque tous sont destinés à faire partie de l’Église, arche de salut.
Marie est donc Mère de l’Église, et Mère de tous les homme et femmes. Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, comme Saint Augustin, fonde ce titre de Mère de l’Église sur l’idée du Christ Total : le Christ est la Tête de son Corps qui est l’Église. On ne peut séparer la tête de son corps. Si donc Marie a enfanté la Tête (le Christ), elle participe à la naissance du Corps tout entier.
On peut donc penser que le Pape François a eu deux objectifs en instituant cette solennité : apprendre ou réapprendre au peuple chrétien qu’il a une Mère, et demander à Marie de veiller sur ses enfants dans ces temps troublés où nous vivons, et sur l’Église sa fille.
Prenons quelques instants de prière ce matin en laissant résonner ces paroles de la préface de la Messe : “ Quand nous célébrons la Vierge Marie, c’est à toi que s’adressent nos louanges. En accueillant ton Verbe dans un cœur immaculé, elle a mérité de le concevoir dans son sein virginal. En donnant le jour à son Créateur, elle veillait déjà sur les débuts de l’Église. En recevant au pied de la croix le testament du Dieu d’amour, elle accueillait comme ses fils tous les hommes, que la mort du Christ a fait naître à la vie divine. Quand les Apôtres attendaient l’Esprit que tu avais promis, elle a joint sa supplication à celle des disciples, devenant ainsi le modèle de l’Église en prière. Élevée dans la gloire du ciel, elle accompagne et protège de son amour maternel l’Église en marche vers la patrie jusqu’au jour où le Seigneur viendra dans sa gloire. C’est pourquoi, avec les saints et tous les anges …”
« Il ne peut avoir Dieu pour Père, celui qui n’a pas l’Église et Marie pour Mère. » disait St Augustin.
Belle fête mariale !
