Évangile « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 15-21)
En ce temps-là, les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
HOMÉLIE
Jésus, sans parler directement contre César a tout mis en perspective: il faut donner à Dieu ce qui est à Dieu, et Dieu est Maître de tout, y compris des pouvoirs du monde. César, comme tout homme politique encore en 2026, ne peut pas exercer un pouvoir arbitraire, car son pouvoir lui est donné en « gage » ou en garantie: comme les serviteurs de la parabole des talents; ils doivent répondre au Seigneur de l’usage qu’ils ont fait des talents qu’ils ont reçus. Dans l’Évangile de saint Jean, Jésus dit à Pilate: «Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut. » Jésus ne veut pas se présenter comme un agitateur politique mais il remet, tout simplement, les choses à leur place car il est Dieu.
L’interprétation faite parfois de cet évangile est que l’Église ne doit pas se « mêler des questions politiques », mais s’occuper uniquement de la religion. Cette interprétation est faussee, car s’occuper de Dieu n’est pas seulement s’occuper du culte, mais se préoccuper également de la justice humaine. Prétendre que l’Église doit rester dans les sacristies, qu’elle ferme les yeux et les oreilles et demeure en silence face aux problèmes d’ordre moral et humain de notre époque, est, en effet, enlever à Dieu ce qui est à Dieu. « Une tolérance qui accepte Dieu uniquement en tant qu’opinion privée, mais qui l’enlève du domaine public n’est pas tolérance, mais hypocrisie » disait Benoît XVI, ce que dénonce Jésus dans l’évangile d’ailleurs. Pour comprendre donc notre mission et notre vocation dans cette société moderne qui refuse Dieu et donc finit par se retourner contre elle même, je vous partage une image que je reprends d’un confrère prêtre afin de ne pas rester passif face au monde. Le monde regorge de thermomètres qui indiquent la température. Ce dont il a urgemment besoin, ce sont des thermostats qui modifient la température. Un thermomètre pointe du doigt ce qui ne va pas, se plaint de l’ambiance, dit que tout va mal. Être un thermostat, c’est dur, exigeant. C’est cela notre foi. Être chrétien est exigeant, car c’est irremplaçable. Personne d’autre que le Christ ne peut sauver ce monde. Et il veut le faire avec nous, à travers nous. Jésus est l’unique chemin de ce monde en perte de sens. Jésus est l’unique vérité de ce monde relativiste. Jésus est l’unique vie de ce monde mourant car mortifère. Jésus dit : « Soyez la lumière du monde ». Donc n’entrons pas en contact avec les ténèbres dont le diable est l’agitateur. Et il est actif aujourd’hui. Toute la violence que l’on voit grandir vient de lui. Cela ne déresponsabilise pas les auteurs, mais nous fait comprendre qu’une force mauvaise cherche à pervertir notre humanité. Et Jésus nous a prévenu. Il a blessé le diable. Il mourra définitivement un jour, mais pour l’instant il s’agite car il sait qu’il a perdu. Il pense gagner en ayant cassé un radiateur, ce qui peut parfois nous faire désespérer. Alors oui, si l’homme combat seul le diable, il perd. D’où le danger de l’athéisme. Mais l’homme croyant uni a Dieu, est victorieux du diable. C’est Dieu qui le dit.
Quand nous entrons dans une pièce, on ne se plaint pas des heures du froid. On y allume le radiateur ou un feu dans la cheminée. Quand nous entrons dans une conversation, un groupe, apportons la chaleur et la force du christ. Des encouragements plutôt que des critiques. De la charité plutôt que de l’indifférence. La vérité plutôt que le mensonge. Du sacré plutôt que la saleté.
C’est le plus bel honneur qu’on puisse faire à la jeunesse que de lui dire qu’elle est vouée à la pureté et à la grandeur disait l’écrivain André Charlier. Je suis persuadé et convaincu que la seule réponse à ce drame, c’est la foi. L’unique voie de salut pour cette jeunesse révoltée, peu importe son origine, sa condition et son style, c’est le christianisme. L’unique conversion possible pour nos politiques, c’est celle vers le Christ. Notre foi ne peut pas être tiède ici dans l’église, et froid dans notre maison et à notre travail. Elle doit être brûlante, ardente, partout, tout le temps. C’est cela, le thermostat : du grec statos, qui fixe la chaleur (du grec thermos), qui la maintient endurante car fixée sur son cap.
Notre monde s’invente des césars depuis 2000 ans alors que le Christ s’est révélé comme l’unique sauveur. Avec douceur, pédagogie, mais ardeur et conviction, soyons des chrétiens authentiques et non hypocrites cette semaine, pour que nos proches découvrent que Jésus est Seigneur. C’est notre mission sur terre. Non sauver le monde, mais lui dire qu’il peut être sauvé en se tournant vers son seul sauveur, le Christ.
Que notre foi soit active, que notre charité se donne de la peine, que notre espérance tienne bon, afin de tenir fermement cette parole de vie, Amen.
