Évangile « Je suis la porte des brebis » (Jn 10, 1-10)
En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »
HOMÉLIE
Il y a quelques années, un été, j’étais en montagne, sur une crête. Je rattrape une petite brebis, isolée du troupeau 800 mètres plus bas. Elle est très gravement blessée à la jambe gauche qui saigne. Elle est arrêtée, elle semble avoir abandonnée. En la voyant je pense immédiatement à cet évangile que nous avons entendu : le Christ bon berger qui prend soin de toutes ses brebis et va prendre tous les risques pour aller secourir l’unique qui est à l’écart, en danger.
Alors je la prends sur mes épaules, et me décide à descendre dans la vallée pour l’apporter au berger. Mais malheureusement, elle souffre encore plus en la portant, et est en plus lourde. Alors pas à pas, j’essaie de lui montrer que je veux son bien, pour qu’elle me fasse confiance, et lui montre le chemin sur la crête. Et sur 200m, elle me suit avec confiance et docilité. Je suis heureux, je semble lui redonner de l’espérance ! Mais malheureusement, soudain elle ne me suit plus, choisit un autre passage, glisse sur une roche et tombe d’une falaise et se blesse encore plus. Le troupeau est encore trop loin et s’éloigne. Je choisis donc de descendre vite et de prévenir le berger qui n’avait pas l’air de s’en soucier. Je suis reparti triste car je pensais pouvoir la sauver, elle m’avait fait confiance, mais sur un coup de tête elle s’était détournée et en avait subi les conséquences. Je pensais pouvoir appliquer cette belle image de Jésus dans l’évangile, et la réalité me disait : c’est dur pour une brebis de faire confiance, et c’est dur pour un berger de vraiment avoir ce soin des brebis.
Alors je la prends sur mes épaules, et me décide à descendre dans la vallée pour l’apporter au berger. Mais malheureusement, elle souffre encore plus en la portant, et est en plus lourde. Alors pas à pas, j’essaie de lui montrer que je veux son bien, pour qu’elle me fasse confiance, et lui montre le chemin sur la crête. Et sur 200m, elle me suit avec confiance et docilité. Je suis heureux, je semble lui redonner de l’espérance ! Mais malheureusement, soudain elle ne me suit plus, choisit un autre passage, glisse sur une roche et tombe d’une falaise et se blesse encore plus. Le troupeau est encore trop loin et s’éloigne. Je choisis donc de descendre vite et de prévenir le berger qui n’avait pas l’air de s’en soucier. Je suis reparti triste car je pensais pouvoir la sauver, elle m’avait fait confiance, mais sur un coup de tête elle s’était détournée et en avait subi les conséquences. Je pensais pouvoir appliquer cette belle image de Jésus dans l’évangile, et la réalité me disait : c’est dur pour une brebis de faire confiance, et c’est dur pour un berger de vraiment avoir ce soin des brebis.
Alors qu’en tirer comme fruit ? Celui de nous rappeler que le Christ a soif que nous ayons confiance en lui ! Pour nous brebis, d’être dans la docilité (vertu de celui qui se laisse guider) avec notre créateur. Cette confiance est absolument centrale (Dieu nous dit plus de 150 fois dans la Bible n’aie pas peur, aie confiance) , dans la foi chrétienne (avec le credo, qui contient des réalités invisibles à nos yeux (la résurrection de la chair, la vie éternelle, l’Esprit-Saint …), dans la vie de prière (nos demandes personnelles, la prière universelle), et dans le concret de notre vie comme chrétien dans ce monde, où il nous faut de la confiance pour croire qu’il est encore possible de faire connaître Jésus à nos contemporains, au milieu de l’athéisme, des doutes, des violences. La confiance est une vertu fondamentale dans notre société, dans notre paroisse : il ne s’agit pas d’être naïf, comme ces brebis qui pourraient confondre le berger du mercenaire, et comme on le constate parfois dans la société, mais lorsque le berger parle ou fait un geste, les brebis se disent : c’est notre protecteur, notre guide, il veut notre bien. Et cela, je suis persuadé que nos contemporains non chrétiens ont besoin de notre exemple.
Ayons l’audace de faire confiance à Dieu, au moins ! Ensuite, envers notre prochain. Si je lui confie une intention, il peut l’exaucer. Si je lui confie une faiblesse un péché régulier, une addiction, il peut me libérer et me convertir. Si je ressens un appel à demander ce sacrement, à servir dans telle activité de mon clocher, à parler à tel paroissien, c’est qu’il pense que je peux grandir dans la sainteté. Enfin, la vertu de confiance est très liée à la patience, à l’endurance. Et puisque nous ne changeons pas en un instant, puisque notre société ne se convertit pas en un instant vers Dieu, nous avons besoin d’être endurant dans la confiance : de ne pas baisser les bras après un échec, ne pas abandonner dès que l’épreuve arrive. La brebis que j’ai croisée l’été dernier a essayé de me suivre, de me faire confiance, un pas après l’autre, alors qu’elle aurait plus d’emblée se résigner. Bon, mon histoire a mal fini certes, mais Dieu a des projets bien plus grand pour nous que pour les animaux, ne l’oublions pas, parce que nous avons une âme faite pour le contempler un jour, au Ciel.
Et bien demandons cette grâce de la confiance : que nous puissions plus nous faire confiance entre nous, que ce soit en famille, au travail ou entre paroissiens. Que nous puissions plus avoir confiance envers ceux qui sont responsables de groupes, dans l‘Église ou dans la société, dont c’est la charge afin qu’ils aient ce soin comme le Christ bon pasteur. Et enfin d’avoir cette confiance en Dieu, qui malgré les évènements de ma vie, les épreuves, me guide sur le juste chemin. C’est tout le sens du psaume 22 qui est assez connu, mais qui est au fond très exigeant à appliquer, et que nous pouvons donc répéter durant cette semaine : « Le Seigneur est mon berger, il me fait reposer, il me fait revivre. Il me conduit par le juste chemin. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : Ton bâton me guide et me rassure. »
Je finis par vous exhorter, vous conseiller de lire cet après-midi dans un livre de prière ou sur internet, la très belle prière de confiance à Dieu de Saint Claude de la Colombière.
Que la suite de la messe, par la liturgie, soit maintenant confiante : par notre prière, notre présence, notre silence, nous montrons à Dieu que nous l’aimons. Nous voulons recevoir de lui le bonheur et la paix véritable que seul nous donne le Christ. Pas le monde. Jésus seul peut donner la véritable paix du cœur. Aidons-nous les uns les autres à croire à cela. Amen.
Que la suite de la messe, par la liturgie, soit maintenant confiante : par notre prière, notre présence, notre silence, nous montrons à Dieu que nous l’aimons. Nous voulons recevoir de lui le bonheur et la paix véritable que seul nous donne le Christ. Pas le monde. Jésus seul peut donner la véritable paix du cœur. Aidons-nous les uns les autres à croire à cela. Amen.
La Prière de « Confiance en Dieu » de Saint Claude la Colombière
« Mon Dieu, je suis si persuadé que tu veilles sur ceux qui espèrent en toi, et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend de toi toutes choses, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci, et de me décharger sur toi de toutes mes inquiétudes : « Dans la paix, moi aussi, je me couche et je dors, car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul, dans la confiance » (Ps. 4, 9). Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur, les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de te servir, je puis même perdre ta grâce par le péché; mais jamais je ne perdrai mon espérance, je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher : « Dans la paix, moi aussi, je me couche et je dors ». Certains peuvent attendre leur bonheur de leurs richesses ou de leurs talents, d’autres s’appuyer sur l’innocence de leur vie, ou sur la rigueur de leurs pénitences, ou sur le nombre de leurs aumônes, ou sur la ferveur de leurs prières. Pour moi, Seigneur, toute ma confiance, c’est ma confiance même ; cette confiance ne trompa jamais personne. Je suis donc assuré que je serai éternellement heureux, parce que j’espère fermement de l’être, et que c’est de toi, ô mon Dieu, que je l’espère.
Amen.»
Amen.»
