Évangile « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur » (Jn 14, 15-21)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

6ème dimanche de Pâques / A- 10 mai 2026

Frères et sœurs, quelques jours nous séparent de la Pentecôte. Le Christ Ressuscité, avant de se séparer physiquement de ses disciples, leur adresse soigneusement un discours d’adieu. Il part vers son Père; un départ qui n’est pas un abandon de ses disciples, ni de l’église. Les textes d’aujourd’hui nous révèlent comment vivre ce temps d’absence physique de Jésus, en menant une vie guidée par l’Esprit-Saint dans le témoignage et dans l’amour concret. Ils nous donnent deux repères comme promesses.

1- La Promesse d’un autre Défenseur pour la fécondité de la mission: « 

L’orphelin, c’est celui qui est sans défense, c’est le plus fragile qui n’a personne pour le protéger, celui qui n’a pas de ressources pour vivre, celui qui est découragé par une triste situation, par les événements et qui se retrouve dans le vide… C’est dans cette situation que les disciples semblent dire qu’ils vont se retrouver après le départ de Jésus Ressuscité. Mais Jésus promet un « Autre Défenseur », c’est-à-dire, un avocat, un consolateur qui se tiendra à leur côté. Oui le 1er Défenseur, c’était Jésus lui-même en chair et en os. Le second, c’est l’Esprit-Saint, le Paraclet. Jésus dit ne pas les abandonner, mais il change la manière d’être présent, une présence plus intérieure et universelle.

Dans la 1ère lecture, Philippe part en Samarie, un endroit où personne n’aurait imaginé voir la joie de l’évangile éclater. Car pour un Juif de l’époque, la Samarie était une terre de mépris, un endroit d’infidèles. Pourtant c’est là que Philippe choisit d’annoncer le Christ. C’est grâce à la puissance de l’Esprit Saint, sinon Philippe resterait dans sa zone de confort. Il va à la rencontre de ceux qu’on a tendance à éviter, à juger. Voyez le résultat : il eût une grande joie dans cette ville. C’est l’œuvre de l’Esprit Saint. Posons-nous aussi la question : est-ce que notre foi apporte la joie autour de nous ? Sommes-nous capables, comme Philippe, d’aller vers ceux que nous avons tendance à juger ou à éviter pour leur apporter une parole qui donne vie et espérance ? Mais comment témoigner dans un monde qui parfois ne veut pas entendre parler de Dieu ?

2- La Promesse du témoignage : « toujours prêts à présenter une défense …»

Saint Pierre dans la 2ème lecture nous donne la clé. Il ne nous demande pas d’animer un débat ou d’imposer nos idées par la force, il nous dit : « Soyez prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect ». C’est un appel à la cohérence. Notre meilleur discours, ce ne sont pas nos discours, c’est notre manière de vivre, la cohérence de notre vie, l’authenticité de notre témoignage, la douceur qui doit caractériser la vraie force du chrétien. L’apôtre nous invite donc à rendre raison de notre espérance : Il ne s’agit pas de faire la morale aux autres, mais en racontant pourquoi, malgré tout, on garde la joie, pourquoi on pardonne, pourquoi on sert, pourquoi on croit que la mort n’a pas le dernier mot… Il ajoute : « car mieux vaut souffrir en faisant le bien, si c’est la volonté de Dieu, qu’en faisant le mal ». Le Christ lui-même n’a-t-il pas souffert ? Oui « il a souffert pour les péchés, lui le juste pour les injustes ». Frères et sœurs, notre témoignage passe parfois par la croix. L’acceptons-nous ?

Pour une application concrète :  si quelqu’un demande: Pourquoi vas-tu à la messe ? Pourquoi tu aides au secours catholique ? quand l’église est critiquée ou rejetée, etc… Ne sors pas une théorie, ne sois pas agressif. Raconte ta rencontre avec le Christ, ton parcours dans l’église, réponds par une douceur qui désarme…C’est cela l’Esprit du Christ Ressuscité qui agit dans l’église et par chaque baptisé dans l’amour et dans la fidélité par le témoignage. Tu peux cette semaine invoquer chaque matin ou le soir avant de te coucher cette prière : Viens Esprit Saint emplir le cœur de tes fidèles et allume en eux le feu de ton amour

Tout cela semble difficile, voire impossible à nos forces. C’est pourquoi dans l’évangile Jésus fait une promesse immense, celle du Paraclet pour être à nos côtés, pour être notre défenseur et notre consolateur dans un monde qui accuse, divise, condamne et tue. Mais le Paraclet murmure à nos cœurs, que nous sommes aimés du Père. Jésus nous dit : « si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ». L’Esprit Saint donne la force d’aimer et de témoigner de l’amour du Fils qui a aimé l’humanité jusqu’à mourir sur la croix. Cet Esprit n’est pas donné pour qu’on s’enferme au cénacle, mais pour ouvrir nos fenêtres et nos portes verrouillées, qu’on sorte comme Philippe pour témoigner de l’espérance qui est en nous. Toi donc, tu n’es pas laissé orphelin, aime Jésus, fais confiance, marche et laisse-toi guider par l’Esprit. Amen

 

 

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