Évangile « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-16)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »
Homélie de dimanche 8 février 2026
4e dimanche du Temps Ordinaire
Mt 5, 13-16
Is 58, 7-10
1Co 2, 1-5
Jésus nous invite aujourd’hui nous chrétiens, nous ses disciples, à être « sel de la terre » et « lumière du monde ». Comment pouvons-nous, devons-nous l’être ?
- Le sel donne de la saveur aux aliments, sinon ils sont fades, ils n’ont pas beaucoup de goût, ils ne sont pas bons, ou on ne les apprécie pas ! Ne soyons pas des chrétiens fades, des chrétiens superficiels qui n’ont pas de goût, ou même hypocrites comme les pharisiens à qui Jésus s’en prend en disant : « Ils disent et ne font pas. » Pour être des chrétiens qui ont de la saveur, pour être de vrais chrétiens, pour qu’on dise de nous : « Lui, c’est un bon chrétien, elle, une bonne chrétienne », vivons notre foi en étant cohérents, en mettant nos actes en accord avec nos paroles, vivons les valeurs de l’Évangile dans notre vie quotidienne la plus ordinaire, la plus banale. On entend encore parfois certaines personnes critiquer les chrétiens pratiquants en disant : « ils vont à la messe mais dès qu’ils sortent de l’église, ils critiquent tout le monde, ils disent du mal des autres, ils ne font rien pour les autres, ils ne pensent qu’à eux alors que certains croyants sont généreux, dévoués, actifs dans la société pour le bien commun… » Un chrétien qui a du goût, de la saveur, un vrai chrétien essaie de vivre l’Évangile en vivant d’abord la charité, le partage avec les autres, le service des autres. C’est ce que nous demandait Isaïe dans la première lecture : « Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable ! » Nous aurons du goût, de la saveur si nous sommes attentifs aux autres, à leurs besoins, toujours prêts à répondre à leurs besoins : besoins de parler, d’être écoutés, d’être encouragés, d’être aidés, d’être soutenus, d’être aimés tout simplement.
- Être sel de la terre, avoir de la saveur, c’est aussi être agréable avec les autres. C’est agréable de prendre un bon repas, ça donne du plaisir. On est le sel de la terre si on peut dire de nous : « c’est agréable de vivre avec lui, il fait bon vivre avec elle ! » C’est désagréable, c’est pénible et même insupportable de vivre avec des gens qui se plaignent tout le temps, qui rouspètent tout le temps, pour qui ça ne va jamais bien ou qui critiquent tout, jugent tout le monde, condamnent tout le monde ou qui sont toujours négatifs, pessimistes en disant que tout va mal, qu’il n’y a plus rien à espérer. Pour avoir de la saveur, pour être agréables à vivre, pour qu’on ait du plaisir à vivre avec nous, soyons positifs, parlons de ce qui est bien, beau, bon dans la nature, autour de nous, de ce qui se fait de bien autour de nous, dans la société, dans l’Église, dans le monde et au lieu de nous plaindre, sachons nous émerveiller et surtout sachons remercier tous ceux qui nous entourent, nous aident, nous donnent leur affection. C’est aujourd’hui la journée des malades et des soignants. Eh bien quand on est malade, au lieu de nous plaindre tout le temps, au lieu de nous révolter contre Dieu, contre la nature, contre la vie qui est parfois trop dure, sachons remercier tous ceux qui nous soignent et prennent soin de nous. Et ne soyons pas trop exigeants en voulant qu’on soit toujours prêt à être à notre service jour et nuit. Au contraire, soyons autant que possible un modèle de gratitude, de courage, de patience, de combativité. On entend souvent des gens parler de leur malade en disant : « c’est un courageux, il se bat vraiment contre la maladie de toutes ses forces, et en plus il garde le moral, il nous donne des leçons de courage et de force face à l’adversité ! » Et puis bien sûr dans la foi, un malade qui a de la saveur, la saveur, le goût de Jésus lui-même, qui ressemble vraiment à Jésus, c’est un malade qui garde l’amour en lui au cœur de ses souffrances. Dans sa Passion, sur le chemin du calvaire, sur la Croix Jésus a terriblement souffert mais s’il a sauvé le monde en souffrant ainsi, ce n’est pas ses souffrances elles-mêmes qui ont sauvé le monde, c’est l’amour qu’il a gardé dans le cœur qui a sauvé le monde. Nous serons le sel de la terre si nous tous, dans la santé comme dans la maladie, nous gardons toujours l’amour dans le cœur, l’amour de Dieu qui nous donne sa force, l’amour des autres qui nous entourent et nous soutiennent, l’amour de nous-mêmes tels que nous sommes avec nos richesses et nos pauvretés, nos forces et nos faiblesses, l’amour de la vie telle qu’elle est !
- Comment maintenant être lumière du monde? Il y a mille manières de l’être mais je dirai aujourd’hui deux choses : en étant un exemple de vie et en valorisant les autres. Nous sommes une lumière pour les autres si nous leur donnons le bon exemple, l’exemple d’une vraie vie chrétienne, d’une vie où l’on montre qu’on essaie vraiment de vivre les valeurs de l’Évangile comme je le disais tout à l’heure. Ça ne veut pas dire qu’on essaie de faire des exploits spirituels. On dit parfois de certains grands personnages et même de certains saints : « ils sont admirables mais pas imitables ! » Ne soyons pas admirables mais imitables. Ne cherchons pas à mettre la barre trop haute mais donnons l’exemple d’une vie chrétienne à la portée de tous. Ne cherchons pas à être brillants mais éclairants. C’est pourquoi je n’aime pas trop le thème de cette journée des malades : « Que votre lumière brille ». Bien sûr elle reprend la parole de Jésus mais elle risque d’être mal comprise. Être brillant, ça veut dire en mettre plein la vue aux autres, et ce n’est pas ça annoncer l’Évangile, Saint Paul l’a bien dit dans la deuxième lecture : « Quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage ou de la sagesse… C’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je me suis présenté à vous. » Saint Paul n’a pas cherché à être brillant, il a annoncé l’Évangile en montrant sa faiblesse et non pas sa puissance. Comme l’apôtre ne cherchons pas à être brillants, reconnaissons notre faiblesse et notre pauvreté, cherchons simplement à être éclairants, à éclairer humblement nos proches en leur donnant l’exemple d’une vie chrétienne toute simple mais sincère et vrai, d’une vie chrétienne qui rend heureux. Oui ne soyons pas des chrétiens brillants, éblouissants, mais des chrétiens imitables qui donnent l’envie d’être comme eux grâce à Dieu.
Si on doit être lumière du monde par l’exemple que vie qu’on donne, on le sera encore plus si on valorise les autres, si on dit et si on montre tout ce qu’il y a de bien, de beau, de bon chez les autres. Une lumière valorise, met en valeur ce qu’elle éclaire. Quand c’est la nuit on ne voit rien, rien n’est mis en valeur, on ne peut rien voir, rien admirer. Dès qu’il y a de la lumière dans une pièce, on voit, tout est mis en valeur. Dès que le soleil se lève, sa lumière met toute la nature en valeur et on peut alors s’émerveiller, la nuit c’est tout le contraire. Alors soyons une lumière pour les autres en les remerciant de ce qu’ils font de bien, en les encourageant, en les félicitant, en mettant en lumière leurs qualités, leurs valeurs, leurs actes, leurs réalisations, leurs réussites, le meilleur d’eux-mêmes et de leur vie !
Jésus vient de nous dire : « Voyant ce que vous faites de bien, les hommes rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » Pour être lumière des hommes, faisons ce qui est bien, donnons le bon exemple mais aussi montrons tout le bien qu’il y a chez les autres, valorisons nos frères en montrant qu’ils sont eux aussi des lumières pour nous. Oui soyons sel de la terre et lumière du monde et montrons comme les autres sont aussi sel de la terre et lumière du monde.
Amen !
