Évangile « Heureux les pauvres de cœur » (Mt 5, 1-12a)

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Homélie de dimanche 1e février 2026
4e dimanche du Temps Ordinaire
So 2, 3 ; 3, 12-13
1 Co 1, 26-31
Mt 5, 1-12a

            J’ai prêché plus d’une centaine de fois sur les béatitudes et c’est difficile pour moi de dire des choses nouvelles sur ce beau message, mais je voudrais aujourd’hui faire ce que je ne fais pas d’habitude : les résumer ! Je les résumerai par un seul mot : « la confiance » ! Par conséquent je rajouterai une dixième béatitude aux neuf que Jésus vient de proposer : « Heureux ceux qui pour leur avenir et pour l’avenir du monde font une totale confiance en Dieu » ! Je crois en effet que ce dont on manque le plus actuellement c’est de confiance. On s’inquiète tous quand on voit ce qui se passe dans la société et le monde, on a mille raisons d’être inquiet et pessimiste sur l’avenir et pourtant nous chrétiens avec la confiance en Dieu on sait, on croit qu’on va pouvoir s’en sortir, qu’on va pouvoir bâtir un avenir meilleur pour nous et pour le monde.

  • Pour faire confiance en Dieu il faut être pauvre de cœur : « Heureux les pauvres de cœur» vient de nous dire Jésus. Les pauvres de cœur sont ceux qui n’ont pas le cœur gonflé par leur puissance, leurs ambitions, leur pouvoir, leurs richesses, leur orgueil, ceux qui ne cherchent pas à dominer le monde comme le font les chefs d’état les plus puissants qui n’ont confiance qu’en eux et en leur force on le voit bien en ce moment. Les pauvres de cœur sont ceux qui reconnaissent leur pauvreté, leur faiblesse, leurs limites, leur impuissance devant les grands problèmes de notre vie et de notre monde et qui s’en remettent pleins de confiance en Dieu, qui demandent humblement à Dieu de faire ce qu’ils n’arrivent pas à faire avec leurs propres forces humaines. C’est ce que nous disait la première lecture de Sophonie : « Cherchez le Seigneur, vous tous, les humbles du pays, cherchez l’humilité… Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit : il prendra pour abri le Seigneur. » Oui le Seigneur est notre abri, notre protecteur, notre force, faisons-lui confiance. Saint Paul disait la même chose dans la deuxième lecture : « Parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux du monde, ni de gens puissants ou de haute naissance… Ce qu’il y a de faible voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est… »  Soyons donc des pauvres de cœur : reconnaissons notre faiblesse, notre impuissance, mais pas pour dire : « il n’y a rien à faire, c’est impossible de faire quoi que ce soit. » Disons au contraire : « Dieu fera le reste ! » Quand on fait quelque chose pour soi, pour les autres pour l’Église, pour la société, même si c’est peu et qu’on fait confiance en Dieu, on est heureux parce qu’on sait que ça produira du fruit ! 
  • Faisons confiance en Dieu surtout quand ça va mal : « Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés. » Oui heureux sommes-nous si dans nos épreuves, face à la maladie, aux deuils douloureux, aux échecs, aux crises de toute sorte, au lieu de se laisser écraser, de s’enfoncer, on relève la tête, on s’en remet à Dieu, on lui fait confiance pour trouver en lui la consolation, le réconfort, la force de repartir, de rebondir, de transformer le mal en bien. Qui d’entre nous n’a pas déjà fait cette expérience d’une force mystérieuse qui lui a été donné pour traverser les pires moments de sa vie. Donc confiance dans les pleurs, dans toutes les épreuves de la vie. 
  • Faire confiance en Dieu, c’est faire confiance aux valeurs de Dieu: « Heureux les doux… Heureux les artisans de paix… Heureux les miséricordieux… ceux qui pardonnent toujours. » Voilà les valeurs de Dieu en qui nous devons mettre notre confiance pour atteindre nos buts et notamment pour faire face aux difficultés de la vie, aux problèmes multiples, aux conflits de toute sorte ! Quand on nous a contrariés, quand on s’oppose à nous, on peut s’énerver, se mettre en colère, employer la méthode forte : la violence, la menace, le chantage, l’intimidation, la vengeance… ou alors employer la méthode douce, la méthode pacifique : le dialogue, la discussion, la conciliation, le compromis, comme l’on dit aujourd’hui et bien sûr le pardon, la réconciliation, la douce charité comme le disait Saint François de Sales. Même si cette méthode douce semble sur le coup moins efficace, elle le sera à plus long terme car elle est constructive et c’est la méthode de Jésus dans l’Évangile pour arriver à nos fins dans tout ce que nous entreprenons. Dans le même sens pour atteindre tous nos buts, n’utilisons pas le mensonge, la tricherie, les « magouilles », de toute sorte, la manipulation, la corruption, restons toujours comme Dieu purs, vrais, clairs, francs : « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu. » 
  • Cette confiance en Dieu et en ses valeurs ne doit pas être évidemment une confiance passive mais une confiance active et responsable: « Heureux ceux qui ont faim et soit de justice. » La justice dans l’Évangile, ce n’est pas d’abord ou pas seulement la justice sociale, c’est la « justesse », « l’ajustement » à Dieu et à sa volonté, c’est faire tout juste ce qu’il nous demande de faire et ce que Dieu nous demande de faire, c’est de faire tout ce qu’on peut, de prendre nos responsabilités, d’agir avec tous nos moyens pour qu’il puisse faire le reste. Il nous demande de faire notre possible pour qu’il fasse l’impossible aussi bien dans notre propre petite vie que dans le vaste monde entier. La confiance en Jésus c’est la confiance du jeune garçon qui lui donne ses cinq pains pour nourrir la foule affamée de 5000 hommes et c’est à partir de ce peu, de ce don minime, ridicule même que Jésus fait l’impossible, la multiplication des pains. Jésus ne veut rien faire sans nous, alors faisons tout ce que nous pouvons dans notre vie familiale, professionnelle, associative, religieuse pour que lui fasse les merveilles de l’impossible. C’est par nos petites actions quotidiennes comme les petites actions de Carême qui va bientôt commencer, et par les petites actions de tout homme que le Christ change le monde et bâtit son  Faisons-lui confiance mais une confiance active et responsable. 
  • Vivre avec cette confiance, ce n’est pas pour autant un long fleuve tranquille. Ce n’est pas parce que le Christ est avec nous que tout est facile, non, la confiance en Dieu ne nous empêche pas d’avoir des opposants et même des ennemis qui nous veulent du mal, qui disent toute sorte de mal contre nous, qui nous insultent, nous persécutent, comme Jésus le dit dans les deux dernières béatitudes. Mais même s’il nous arrive de vivre de telles situations, faire confiance en Dieu, c’est être sûr de la victoire finale du bien sur le mal, de la lumière sur les ténèbres, du Christ sur le monde : « Confiance, j’ai vaincu le monde. » proclame Jésus dans l’Évangile. Donc, heureux sommes-nous si dans le contexte pessimiste de notre temps, nous sommes les témoins de cette confiance totale en Dieu et en Jésus le Christ qui nous fait croire à un avenir heureux pour nous et pour le monde.

Amen !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.