Évangile « Dès que Jésus fut baptisé, il vit l’Esprit de Dieu venir sur lui » (Mt 3, 13-17)

Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. »

HOMELIE
BAPTEME DE NOTRE SEIGNEUR JESUS CHRIST.
En Chautagne et en Bauges
le Dimanche 11/01/2026

Dimanche dernier, c’était la fête de l’Epiphanie ; en méditant le récit de l’adoration des mages commenté par Isaïe et St Paul, nous avons découvert que l’église nous invitait à nous réjouir des manifestations du Seigneur.

Frères et Sœurs, aujourd’hui nous célébrons le baptême du Seigneur, le 1er acte public de la vie de Jésus. Jean-Baptiste parlait dans le désert en invitant tout le peuple à la pénitence, car « les derniers temps sont arrivés », et Jésus désigné par Jean comme celui que le peuple attendait, voulut inaugurer sa vie publique. Jean Baptiste le plonge en Dieu et il entend une ‘voix venue des cieux’ : « Tu es mon fils bien-aimé, en toi je trouve ma joie » (Lc 3, 22 // Mc 1,11)

Depuis longtemps Jean-Baptiste prophétisait la venue du Messie et baptisait le long du Jourdain. Il avait un succès considérable que tout le monde, de la Judée et de Jérusalem, courait à lui pour l’écouter. Ce baptême de Jean n’étant pas un rite singulier, mais au contraire une pratique connue de tout juif pieux. Historiquement ceux qui voulaient changer de vie, se stimulaient à émerger de leur médiocrité spirituelle, se faisaient ainsi baptisés pour affirmer leur désir de perfection, en même temps que pour être purifiés de leurs fautes passées. Mais tous ceux-là qui viennent à Jean ne sont-ils pas du même environnement que Jésus qui, lui-aussi vient se conformer au rite des Juifs ? On peut se poser beaucoup d’interrogations sur la Palestine qui est devenue une zone de violences, une zone rouge contre la paix, contre le christianisme. Mais là, où est la justice de Dieu ? Y a-t-il encore Jean pour dénoncer les injustices des temps nouveaux ? Y a-t-il une Parole comme Jésus qui criminalise le mal, les violences et les volontés de puissances des nations qui se disent fortes plus que d’autres ?

Quand Jésus se fit baptiser par Jean dans le Jourdain, ce qui pourrait paraître curieux, on pouvait se demander si Jésus pouvait avoir besoin de ce baptême de pénitence. Isaïe dans son Livre affirmait que l’élu de Dieu est cette Parole qui proclame la vérité, elle n’éteint pas la lampe qui faiblit, elle ne brise pas le roseau qui fléchit. C’est le signe concret que Jésus vient assumer nos fragilités humaines. Tout confus, Jean-Baptiste proclame son indignité et son refus (son humilité) de le baptiser. Mais Jésus lui demande de jouer son rôle, lui qui est cette voix qui crie dans le désert pour préparer la route au Messie. Jean n’est qu’un instrument. Et comme Jean-Baptiste, Jésus nous invite au courage pour crier les injustices…En effet si le baptême de Jésus paraît étrange, on ne voit guère comment lui, l’homme parfait pouvait demander le pardon de ses péchés. Mais Jésus s’avance, il descend dans le Jourdain, et après être baptisé, les cieux s’ouvrirent et une voix venue se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » (Mt 3,17). Le message qu’on peut retenir, c’est que Jésus n’est pas un prophète ordinaire choisi par Dieu pour la relation avec les hommes, mais il est le « Fils de Dieu ». En effet l’expression « Les cieux s’ouvrirent » prennent tout leur sens parce que, par la personne du Fils, les relations sont rétablies entre les cieux et la terre, entre Dieu et l’humanité. Dieu déchire les cieux et descend comme nous dit le prophète Isaïe : « Ah ! si tu déchirais les cieux, si tu descendais » (Is 63,19) pour restaurer la liaison des hommes avec Dieu.

Frères et sœurs, si les cieux sont ouverts, ce n’est pas pour Jésus mais bien pour nous. La petite Thérèse de Lisieux disait qu’on peut « passer son ciel à faire du bien sur terre », mais on peut aussi vouloir « passer sa terre à scruter le ciel ». Soyons des veilleurs pour les hommes de ce temps, des prophètes des temps nouveaux pour montrer aux hommes le chemin du ciel. Et c’est ici et maintenant le commencement du chemin grâce à notre baptême, un chemin qui continue dans le temps. Comment pour moi, ‘les cieux ouverts’ éclairent-ils ma vie pour que j’aide les autres à redécouvrir la joie du baptême, à être cette voix qui crie les injustices ? Par le sacrement de baptême, nous sommes configurés au Christ. Par conséquent, nous sommes tous, et chacun à son rang, ces voix qui montrent le bon chemin. Gardons courage même si nous subissons les injustices et les persécutions. Nous avons entendu peut-être et/ou connu la vie de plusieurs saints, des fidèles pratiquants, des consacré(e)s dont le service et la vie sont un guide pour notre vie de foi. De tous temps, le Christ persécuté et rejeté est dans l’image des chrétiens expulsés dans certains endroits de la planète par des pouvoirs sur place. Prions dans cette Eucharistie pour tous ceux qui gardent fidèlement leur identité de « fils de Dieu grâce à l’Esprit » (cf. Tite 3,5-6) contre toute apostasie. Amen !

Seigneur Dieu, je te renouvelle aujourd’hui les vœux de mon baptême reçu en Jésus-Christ par l’Esprit saint. Que je n’oublie jamais que je me suis dépouillé du vieil homme pour revêtir l’homme nouveau. Que grâces te soient rendues, ô mon Dieu, pour le don ineffable que tu m’as fait en me libérant des ténèbres. Amen !

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