Évangile « Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 25-30)
En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Homélie du dimanche 5 juillet 2026
14e dimanche du temps ordinaire
Mt 11, 25-30
Tous nous avons de lourds fardeaux à porter, et voilà que Jésus nous propose ce dimanche de les alléger : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. »
Quels sont nos fardeaux, et comment Jésus veut-il les alléger ?
- Les fardeaux que nous avons à porter, c’est le fardeau de la maladie qui nous touche ou touche un de nos proches ; c’est le fardeau des deuils qui nous plongent dans une grande détresse ; c’est le fardeau des échecs, des espoirs déçus, des déceptions, des conflits, des séparations, des épreuves de toute sorte qui nous tombent dessus ; c’est le fardeau de la dépression, du burn-out, des grandes fatigues qui nous font dire : « Je n’en peux plus ! » ; c’est le fardeau des découragements devant les tâches difficiles que nous n’arrivons pas à accomplir ; c’est le fardeau des lourdes responsabilités que nous avons à assumer, responsabilités familiales, professionnelles, associatives, sociales, religieuses, paroissiales… ; c’est le fardeau des personnes dont nous avons la charge et qui nous laissent parfois démunis et nous fait dire : « je ne sais plus ce qu’il faut faire avec lui, avec elle, je n’y arrive plus, c’est trop lourd pour moi, je suis dépassé. » C’est le fardeau de l’âge, de la vieillesse, du handicap, de la dépendance… et plus simplement c’est le fardeau de la chaleur insupportable pour tous et surtout pour les plus fragiles. Pour nous chrétiens, évidemment, nous avons tous à porter le fardeau de la mission chrétienne, de l’évangélisation, un fardeau de plus en plus lourd dans notre société déchristianisée et sécularisée. Comment transmettre la foi autour de nous, nous n’y arrivons pas ! Comment donc alléger tous ces fardeaux ?
- Jésus nous propose deux choses : nous atteler à Lui, et chercher à Lui ressembler, à l’imiter en étant comme lui « doux et humble de cœur». « Prenez sur vous mon joug » vient de nous dire Jésus. Autrefois on attelait deux bœufs sous le même joug pour qu’ils tirent ensemble la même charrette ou la même charrue, à deux ils arrivaient à faire ce que seuls ils n’arrivaient pas à faire. Alors nous quand on est écrasé par les fardeaux qu’on doit porter, quand on n’en peut plus, quand on n’y arrive plus, ne nous acharnons pas, ne nous épuisons pas, prenons le plus vite possible le joug du Christ, attelons-nous à lui en lui disant : « Seigneur, je n’y arrive plus, je peine trop, je suis écrasé… viens vite à mon aide. À toi tout est possible, donne-moi ta lumière pour que je sache ce que je dois faire, donne-moi surtout ta force pour porter ce fardeau que seul je n’arrive pas à porter. Je te fais confiance : avec toi, j’y arriverai. Je remets entre tes mains le fardeau trop lourd pour moi. » Nous atteler au Christ c’est le prier de cette manière, en remettant tout entre ses mains, surtout ce qui est le plus lourd, et ensuite c’est lui faire confiance, une totale confiance, attendre son aide qui finira par venir d’une manière ou d’une autre ! Nous avons tous eu cette expérience un jour ou l’autre : alors que nous étions écrasés par une épreuve trop dure à supporter, mystérieusement, à un moment donné totalement inattendu, une force nous a remis debout et fait repartir, une force surgie d’on ne sait où mais qui nous a fait dire : « Merci Seigneur ! » Oui plus nos fardeaux sont lourds, plus nous devons les remettre entre les mains du Seigneur et lui faire une totale confiance.
- La deuxième chose que nous devons faire pour alléger nos fardeaux, c’est d’imiter le Christ doux et humble de cœur, en portant nos fardeaux avec cœur, c’est-à-dire avec amour et non à contre cœur, en rouspétant, en nous énervant, en maudissant la vie, en maudissant les autres, en maudissant Dieu. Sainte Thérèse de Lisieux disait : « La Croix que l’on traîne est plus lourde que la Croix que l’on porte. » Si on traîne nos fardeaux en rouspétant, en nous plaignant, ils seront de plus en plus lourds. Si on passe notre vie en disant face à toutes nos épreuves : « encore cette maladie à soigner, encore ce travail à faire… encore ces gens à supporter… encore ce malheur qui me tombe dessus… encore ce problème à résoudre… encore ce témoignage à donner… » tout deviendra de plus en plus lourd. Par contre si on garde l’amour dans le cœur, l’amour de la vie telle qu’elle est, l’amour des gens tels qu’ils sont, l’amour de ce que l’on fait en le faisant le mieux possible, l’amour de Dieu même s’il ne répond pas à ce qu’on espère de lui, alors tout change, tout s’allège, tout devient possible. C’est ainsi que Jésus a porté le plus lourd de tous les fardeaux possibles : sa Croix. Jésus a porté sa Croix en gardant l’amour dans le cœur : l’amour de ses proches et de ses amis, Marie, Jean, les saintes femmes : « Femme, voici ton fils… voici ta mère ! »; l’amour même de ses ennemis : « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » ; l’amour même des brigands crucifiés avec lui : « aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ! » dit-il au bon larron ; l’amour de Dieu son Père : « Père entre tes mains, je remets mon esprit. » ; l’amour de lui-même, de ce qu’il a fait, de sa mission réussie : « Tout est accompli ! » Voilà comment porter nos fardeaux : comme Jésus sur la Croix, portons nos fardeaux en gardant dans notre cœur l’amour des autres quels qu’ils soient, l’amour de Dieu bien sûr, l’amour de la vie telle qu’elle est, l’amour de soi, même quand on est dans le pire état possible. Quand il y a cet amour dans notre cœur tout devient plus léger. Alors oui pour alléger nos fardeaux remettons-les entre les mains du Christ dans une totale confiance et portons-les en gardant dans notre cœur le plus d’amour possible.
Amen !
