Évangile « Je suis la porte des brebis » (Jn 10, 1-10)
En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

Homélie de dimanche 26 avril 2026
4e dimanche de Pâques
Journée mondiale de prière pour les vocations
Jn 10, 1-10

            Jésus vient de nous dire : « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » Jésus ne veut pas que notre vie soit vide, plate, fade, il ne veut pas que nous vivions à moitié ou que nous traînions notre vie comme un boulet, il veut que nous vivions pleinement, il veut que notre vie soit riche, pleine, intense, une « vie en abondance », mais qu’est-ce que ça veut dire.

  • Une vie en abondance, c’est une vie où il y a une abondance de relations, où on rencontre plein de personnes avec qui on crée des liens d’amitié, de solidarité, de fraternité. Ne vivons pas repliés sur nous, isolés des autres, coupés des autres mais allons vers eux.

N’attendons pas qu’ils viennent vers nous, allons vers eux, intéressons-nous à eux, à leur vie, à ce qu’ils font ; cherchons quels sont leurs besoins pour y répondre ; proposons nos services, notre aide. En créant l’homme, Dieu dit, selon le récit de la Genèse : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. » Gn 2.18.  Sortons donc de notre solitude, de notre tranquillité, pour soigner, cultiver, développer nos liens familiaux, amicaux, associatifs, communautaires. Dans notre société, dans nos communes, il y a partout plein d’associations culturelles, sportives, artistiques, caritatives, humanitaires et plein de communautés notamment paroissiales et religieuses, sortons de chez nous, de notre isolement, pour participer selon nos affinités, à cette vie associative et communautaire. Jésus, c’est le Bon Pasteur qui veut rassembler tous les hommes. Avec lui, comme lui, cherchons à rassembler ou au moins à participer à tous les rassemblements qui nous sollicitent.

  • Une vie en abondance, c’est une vie où il y a une abondance de valeurs, une vie riche de toutes les valeurs humaines ou spirituelles possibles. Quand on ne vit aucune valeur, quand on n’a pas conscience de vivre des valeurs, notre vie est vide et on est tenté de dire comme certains : « la vie est nulle ». Au contraire, quand on vit des valeurs, notamment les valeurs de l’Évangile, l’amour, la générosité, la disponibilité, la solidarité, la fraternité, la paix, la sérénité, la patience, l’endurance, la persévérance, la bonté, la bienveillance, la douceur, le pardon, la réconciliation, l’humilité, la simplicité, la modestie, la foi, la confiance, l’espérance, la droiture, la franchise, l’honnêteté… quand on vit tout cela et bien d’autres choses, la vie prend tout son sens, toute son intensité et on fait nôtre ce fameux dicton : « la vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie ! » Oui rien ne vaut la vie si on a conscience de vivre une abondance de valeurs. Quand je prépare un baptême d’enfants, je demande toujours aux parents : « Vous avez donné la vie à cet enfant, mais quelles valeurs voulez-vous lui apprendre à vivre dans l’éducation que vous allez lui donner ? » Quand je baptise un adulte, je lui demande toujours avant même de le baptiser : « quelles valeurs veux-tu vivre pour vivre ton baptême ? » C’est pareil pour les mariages que je célèbre : je demande toujours aux mariés de me citer au moins dix mots, dix verbes qui expriment les valeurs importantes qu’ils veulent vivre dans leur couple et leur famille pour que leur amour s’épanouisse et dure. Alors quelles sont les valeurs importantes qui ont éclairé, animé votre vie, qui vous ont fait apprécier la vie, qui vous donnent le sentiment d’avoir réussi votre vie ? Dans l’Évangile, Jésus le Bon Pasteur ne cesse de nous dire, de nous enseigner la multitude, l’abondance des valeurs qui caractérisent la vie de Dieu et que nous devons vivre, par exemple dans les Béatitudes : « Heureux les pauvres de cœur, ceux qui donnent tout aux autres parce qu’ils sont riches d’amour. Heureux ceux qui pleurent, qui sont sensibles… Heureux les doux, les artisans de paix… Heureux les miséricordieuxHeureux ceux qui ont faim et soif de la justice, qui sont justes, francs, ajustés à Dieu… » Parmi cette abondance de valeurs que l’Évangile nous propose, quelles sont celles que vous vivez déjà bien, quelles sont celles que vous devriez essayer de vivre mieux ? Tout à l’heure vous allez communier, quelles valeurs allez-vous demander au Christ, de quelles valeurs avez-vous faim et aimeriez-vous être nourris ? Pour bien communier, il faut avoir faim du Christ, de sa vie, des valeurs qui caractérisent sa vie et oser lui dire en recevant son corps, sa présence vivante : « aujourd’hui Seigneur je te demande surtout ceci, cela, cette valeur dont j’ai le plus besoin en ce moment ! »
  • Abondance de relations, abondance de valeurs, enfin la vie que le Christ veut nous donner en abondance, c’est une vie où il y a une abondance de responsabilités, une vie où on se sent responsables des autres et où on essaie de leur donner le meilleur de nous-mêmes, par des engagements, des actions, des services. Le Christ, Bon Pasteur de l’humanité entière, s’est senti tellement responsable des hommes, des justes comme des pécheurs, qu’il a donné sa vie pour tous, pour chacun de nous et pour tous les hommes ; Alors quelles sont nos responsabilités actuelles, familiales, associatives, professionnelles, sociales, paroissiales, religieuses ?… Est-ce que nous les assumons avec cœur, avec amour, ou à contre-cœur, en traînant la pieds ! Pour que le Christ, Bon Pasteur, nous donne la vie en abondance, assumons nos responsabilités avec amour, en donnant notre vie pour ceux dont on est responsable comme le Bon Pasteur a su le faire. La vie en abondance, ce n’est pas donc une petite vie où on ne pense qu’à soi, c’est la vie qui s’ouvre aux autres, qui leur donne nos valeurs et le meilleur de nous-mêmes, c’est la vie qui se donne totalement.

Amen !

 Prière pour la journée mondiale des vocations

Seigneur Jésus,
Toi qui viens à la rencontre de chacun en murmurant : « Si tu savais le don de Dieu… »,
Ouvre nos cœurs à la beauté de ton appel.
Nous te confions ceux qui ont déjà répondu à ta voix, particulièrement les prêtres, les religieuses et les religieux :
Fortifie leur fidélité, renouvelle leur joie,
Et fais d’eux des témoins paisibles et lumineux de ta présence.
Que leur vie donnée révèle au monde la douceur de ton amour et la profondeur du don qu’ils ont reçu.
Nous te prions aussi pour les jeunes qui hésitent, ceux qui cherchent leur chemin sans encore oser s’avancer, ceux que tu appelles en secret et qui n’ont pas encore reconnu ta parole,
Qu’ils découvrent, à travers la prière, les sacrements et la rencontre, que ta volonté est source de liberté et que chaque vocation, dans sa forme propre, est une manière unique de laisser ton don se déployer.
Seigneur, fais grandir en ton Eglise des cœurs disponibles, attentifs à ton souffle discret.
Accorde à chacun la grâce de se savoir aimé, appelé et envoyé selon ton dessein d’amour.
Et que, dans la diversité des chemins où tu nous conduis, nous portions tous au monde la joie de te suivre.

Amen

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