Évangile « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29-34)

En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’ Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

Homélie de dimanche 18 Janvier 2026
2e dimanche du Temps Ordinaire
Is 49, 3.5-6
1 Co 1, 1-3
Jn 1, 29-34

             Dans la première lecture, Isaïe affirme sans complexe : « Oui j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur ! » C’est ce que nous devons tous dire ! Oui, osons nous dire à nous-mêmes, osons dire aux autres : « J’ai de la valeur aux yeux de Dieu » ! Vous connaissez tous le grand commandement de la Bible : « Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit ! Et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Nous devons aimer Dieu bien sûr, aimer les autres, c’est la charité, mais nous devons aussi nous aimer nous-mêmes. Or pour nous aimer nous-mêmes, il faut nous valoriser, reconnaître notre valeur. On ne peut pas s’aimer si on dit : « Je suis nul, je suis bon à rien, je ne fais rien de bien, je n’ai aucune valeur ! » Nous valoriser ce n’est pas nous survaloriser, nous croire au-dessus des autres, ça c’est de l’orgueil. Nous valoriser, c’est nous reconnaître à notre juste valeur pour nous aimer tels que nous sommes. Alors quelle est notre valeur ?

  • Notre valeur, ce n’est pas évidemment notre valeur marchande, notre valeur économique et financière! On dit parfois, je n’aime pas cette expression, « il faut savoir se vendre », ou « lui s’est bien vendu, il a su se vendre » Notre valeur, ce n’est pas notre poids financier : nous ne sommes pas des joueurs de football qui s’achètent et se vendent à coup de millions d’euros, nous ne sommes pas des marchandises, nous sommes des humains.
  • Notre valeur humaine, c’est d’abord d’être unique, c’est d’être des individus uniques, qui ne sont pas interchangeables, qui sont différents des autres. Chaque être humain est différent des autres, ce qu’il est, ce qu’il fait n’est pas ce que son voisin, son frère même est ou fait. Si nous sommes vivants, si nous sommes sur terre, ce n’est pas par hasard, c’est parce que Dieu le Créateur a bien voulu nous faire exister. Comme le dit Isaïe, « Il nous a façonné dès le sein de notre mère » pour remplir une mission particulière, unique, différente de celle des autres : « Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur… » Nous aimer nous-mêmes, c’est aimer notre différence, notre valeur spécifique, unique ! 
  • Notre valeur, c’est aussi bien sûr notre valeur relationnelle. Nous sommes uniques mais en relation avec les autres, avec une famille, avec des amis, avec des collègues, avec des voisins, avec des partenaires dans une association, un club, avec des chrétiens dans une paroisse, dans l’Église locale et universelle. Plus on a de relations vraies, fraternelles, amicales, communautaires, plus on a de la valeur. Nous aimer nous-mêmes, c’est entretenir, soigner nos relations, y mettre beaucoup d’attention, beaucoup de cœur, beaucoup d’amour.
  • Notre valeur, c’est notre valeur sociale, notre utilité aux autres. Plus nous sommes utiles aux autres, et plus nous avons de la valeur. Et pour être utiles aux autres il faut nous mettre à leur service, au service d’une famille, au service de la société par notre vie professionnelle ou nos engagements associatifs, au service de l’Église par nos engagements religieux, par notre vocation chrétienne de fidèles laïcs, de prêtres, de religieux, de missionnaires. Les trois textes de ce dimanche disent bien la valeur de ceux dont ils parlent : la valeur d’Isaïe, c’est d’être « la lumière des nations », celle de Saint Paul d’être « apôtre du Christ Jésus », celle de Jésus d’être celui qui « baptise dans l’Esprit Saint ». Nous ne sommes ni Isaïe, ni Saint Paul, ni Jésus, et pourtant nous avons à être des serviteurs de Dieu en servant nos frères et en ayant conscience de l’être, autrement dit en cherchant toujours à voir, à goûter, à apprécier en quoi on leur est utile. Parfois nous doutons de notre utilité en disant : « Je ne vois pas à quoi je sers, ce que j’apporte aux autres ! » C’est surtout vrai dans la vie professionnelle. J’entends souvent dire dans le monde du travail : « on nous met la pression, il faut faire toujours plus, toujours plus vite, c’est la productivité à outrance, mais on ne nous dit même pas pourquoi on fait ça, à quoi ça sert, quel est le sens, le but de notre travail ! » Nous aimer nous-mêmes, c’est donc servir les autres, leur être utiles et savoir reconnaître en quoi on leur est utile.
  • Notre valeur, c’est avoir des talents et c’est de les faire fructifier pour avoir une valeur manuelle, artistique, culturelle, ou sportive. Certains, vous en êtes peut-être, ont des dons naturels, « ils savent tout faire avec leurs mains » comme l’on dit, d’autres ont des dons artistiques, ils sont musiciens, peintres, acteurs, d’autres réalisent de belles performances sportives, d’autres enfin ont une grande culture, ils s’intéressent à tout et peuvent parler de tout. Nous aimer nous-mêmes, c’est reconnaître et cultiver tous nos talents, qu’on en ait 10, 5 ou 1 comme le dit la parabole des talents et surtout en faire profiter les autres! Plus on cultive nos talents au service des autres, plus on prend une valeur manuelle, artistique, culturelle, sportive ou autre !
  • Enfin, notre valeur, et pas la moindre, la plus importante même, c’est notre valeur spirituelle. Notre plus grande valeur, c’est d’être à l’image de Dieu, en vivant les valeurs spirituelles qui caractérisent la vie de Dieu : l’amour, la générosité, la disponibilité, la joie, la paix, la bonté, la bienveillance, l’humilité, la simplicité, la foi, l’espérance, la confiance et j’en passe. Alors la question pour tous est simple : quelles sont mes valeurs spirituelles, celles que je vis le mieux, qui me caractérisent le mieux? Tous les grands saints ont vécu les valeurs de l’Évangile mais spécialement une qui définit leur spiritualité, par exemple la pauvreté de Saint François d’Assise, la douce charité de Saint François de Sales, la prière et le travail, « ora et labora », de Saint Benoît, la soif de Dieu, le désir de l’infini de Saint Augustin, l’abandon confiant entre les mains de Dieu de Charles de Foucauld, la charité active de Saint Vincent de Paul, etc… Que chacun se demande donc : « quelle est la valeur que je vis le mieux et qui me caractérise le mieux ? » Nous aimer nous-mêmes c’est pouvoir dire : « J’ai de la valeur aux yeux de Dieu parce que je vis telle valeur spirituelle qui me fait vivre de sa vie. » Oui, nous avons une valeur unique, une valeur sociale, une valeur relationnelle mais surtout une valeur spirituelle !

Remercions Dieu et aimons-nous comme Dieu nous aime.

Amen !

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