Évangile Jésus naîtra de Marie, accordée en mariage à Joseph, fils de David (Mt 1, 18-24)

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Homélie
4e dimanche de l’Avent année A
Is 7, 10-16
Mt 1, 18-24

            Sommes-nous fatigants, fatigants pour nos proches, fatigants pour Dieu ? C’est la question du jour que chacun doit se poser puisque Isaïe dans la première lecture nous faisait ce reproche : « Écoutez maison de David ! Il ne vous suffit pas de fatiguer les hommes, il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! »

Quand sommes-nous fatigants ? Comment ne plus l’être, comment être agréables pour les autres et pour Dieu ?

  • Nous sommes fatigants pour les autres quand on ne cesse pas de leur demander quelque chose, quand on leur réclame ceci puis cela, puis encore autre chose, puis encore plus, toujours plus, bref quand on les harcèle de demandes, quand on veut toujours plus que ce qu’on nous donne, que ce soit les enfants envers leurs parents, les employés par rapport à leurs employeurs, en demandant toujours plus de rémunération, et d’avantages divers, que ce soit les employeurs par rapport à leurs employés en leur demandant de produire toujours plus toujours plus vite, en leur mettant toujours plus de pression. Ceux à qui on réclame toujours plus finissent par nous dire : « Ça suffit comme ça, tu me fatigues, arrête de me harceler de demandes ! »
  • Nous sommes fatigants pour les autres quand on ne fait jamais ce qu’ils nous demandent, quant on ne fait pas le travail exigé, quand on ne vient jamais leur rendre les services qu’ils souhaitent, quand on ne les écoute jamais, quand ils nous disent : « tu es fatigant, on ne peut pas compter sur toi, tu ne fais jamais ce qu’on te demande ! »
  • Nous sommes fatigants pour les autres quand on n’est jamais content, quand on passe notre temps à nous plaindre, à rouspéter, à dire que rien ne va, que tout va mal, on devient alors pénible à vivre, insupportable pour notre entourage.
  • Nous sommes fatigants pour les autres quand on ne leur parle que de nos problèmes au lieu nous intéresser à eux, de leur parler de leurs problèmes à eux, quand les gens nous évitent parce qu’on va encore les embêter avec nos problèmes à nous en leur rabâchant : « voilà ce qui m’est arrivé, voilà ce qu’on m’a fait ! »
  • Nous sommes fatigants pour les autres notamment pour nos familles, nos équipes, nos groupes de vie, nos communautés humaines ou chrétiennes quand on ne joue pas le jeu de ce qui est décidé, quand on fait le contraire de ce qui est décidé, quand on est toujours à contre-temps du groupe, quand on est un poids pour les autres en nous mettant à part de tout le monde, quand on fait du mauvais esprit.
  • Nous sommes fatigants pour les autres évidemment quand on passe notre temps à les juger, à les critiquer, à leur mettre des bâtons dans les roues, à les empêcher de faire ce qu’ils veulent faire !

Je pourrais encore rallonger la liste de toutes nos manières de fatiguer les autres, que chacun se dise donc aujourd’hui : « comment être moins fatigant, moins pénible pour les autres ? Comment être quelqu’un d’agréable à vivre, quelqu’un dont on dit : « oh lui au moins il est facile à vivre, il fait bon vivre avec lui ! »

  • Nous pouvons être fatigants pour les autres mais aussi pour Dieu comme le dit Isaïe et là, c’est étonnant, car d’après lui ce qui fatigue Dieu, c’est le contraire de ce qui fatigue les hommes. Ce qui fatigue Dieu, ce n’est pas de le harceler, de demander, c’est de ne pas lui demander assez, de ne pas lui demander plus. Dieu veut en effet qu’on lui demande toujours plus et notamment qu’on lui demande des signes. « Écoutez… il ne suffit pas de fatiguer les hommes ; il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : voici que la Vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel, c’est-à-dire : Dieu avec nous ! » Voilà comment ne pas fatiguer Dieu, lui être agréable : lui demander un signe, des signes. Un signe, c’est une manifestation de Dieu dans notre vie, une manifestation de sa présence, de sa puissance et de sa volonté ; c’est un évènement de notre vie, une rencontre, une réussite, un bon moment, un temps fort, une célébration, une épreuve aussi parfois où Dieu nous dit : « Je suis là avec toi … Je viens t’aider, te donner ma paix, ma joie, ma force, mon amour, mon aide pour que tu fasses ce que tu ne peux pas faire tout seul… Je viens t’aider, te sauver, mais voilà ce que j’attends de toi, voilà mon désir, ma volonté. Si tu fais ce que j’attends de toi, tout se passera bien pour toi, ta vie prendra tout son sens, tu seras heureux du vrai bonheur : être à ta place ! » Oui pour ne pas fatiguer Dieu, demandons-lui des signes surtout quand on doit prendre de grandes décisions, quand il y a des tournants à prendre, de nouvelles orientations de vie à choisir… mais aussi, n’ayons pas peur, demandons-lui des petits signes chaque jour pour toujours marcher en sa présence, faire de lui notre compagnon de route, notre ami fidèle et pour toujours faire sa volonté, être disponible à ce qu’il attend de nous chaque jour, être comme Marie et Joseph. Eux n’ont pas fatigué Dieu, ils ont au contraire fait sa joie et son bonheur. Marie a fait la joie de Dieu en lui disant, après le signe de sa conception par l’opération du Saint Esprit ; « Voici la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi selon ta parole. » Joseph a fait la joie de Dieu après le signe du songe lui expliquant que l’enfant de Marie venait de l’Esprit Saint, en faisant exactement ce que Dieu souhaitait : c’est la fin de l’Évangile de ce jour : « Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse ! » Alors comme Marie et Joseph, pour ne pas fatiguer Dieu ni les autres, faisons ce qu’ils nous demandent.

Amen !

René Pichon

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